Les herbes pas si mauvaises !
En mai, des végétaux indésirables s’invitent dans nos espaces verts. Celles qu’on appelle les mauvaises herbes ne méritent pourtant pas ce qualificatif ! Leur vrai nom est « adventices » ou tout simplement plantes sauvages. Elles participent à la préservation de la biodiversité en servant de gîte ou de nourriture aux insectes et aux oiseaux.
REPORTAGE :
Avez-vous remarqué ces feuilles bien vertes, aux bords hérissés de jolies dents pointues ? Elles poussent dru, dans les endroits où nous allons rarement : au fond du jardin, derrière le tas de bois ou la cabane de jardin, dans ce bosquet embroussaillé ou dans ce terrain à l’abandon…
Ceux qui les ont déjà rencontrées s’en souviennent, ces belles feuilles dentées sont armées d’aiguillons, elles nous préviennent : « Qui s’y frotte s’y pique ! ».
Mais pourquoi sont-elles si désagréables ?
Les aiguillons de l’ortie sont de petits tubes remplis d’un liquide urticant ; rigides et fragiles comme du verre, ils se brisent sitôt qu’on les touche et libèrent leur contenu, ce qui provoque des boutons irritants sur les peaux sensibles (il est inutile de retenir sa respiration pour éviter les piqûres, comme le prétendent certains !)
Un mets délicieux
En regardant de près cette plante, on s’aperçoit qu’elle n’est pas très solide. Capable d’atteindre deux mètres de hauteur, si les conditions sont bonnes, ses tiges sont souples et ses feuilles très tendres ne manquent pas d’attirer de nombreux consommateurs de verdure !
Parmi ces gourmands herbivores, il y a des pucerons, des charançons, des chenilles, des limaces et des escargots, mais aussi des animaux plus gros : canards, poules, chèvres, ânes, cochons, poneys … Les moutons, les vaches et les chevaux quant à eux, guettent le moment où l’ortie deviendra moins piquante : lorsque ses graines ont mûri, l’ortie cesse de piquer, comme si elle invitait les animaux de tout poil à s’approcher, histoire de fixer quelques graines sur leurs pattes et sur leur dos pour qu’elles puissent aller germer un peu plus loin.
Autrefois, l’ortie était régulièrement ajoutée à la ration alimentaire des animaux d’élevage (hachée fraîche pour les volailles ou séchée entière pour les animaux plus gros). Source de protéines, elle a encore d’autres propriétés intéressantes : elle active la ponte des poules, augmente la production de lait des vaches, et rend les animaux plus résistants aux maladies (les graines d’orties sont vermifuges)
Les humains eux-mêmes savent utiliser l’ortie : ils consomment ses jeunes feuilles (en soupe, crêpes, cake, tarte, pour aromatiser des fromages, …), ses graines (pour ses vertus comparables à celles du ginseng) et ils fabriquent un tissus très fin et très robuste à partir de ses fibres.
Les habitants de l’ortie
Partons à la découverte d’un ‟bosquet″ d’orties. Pour éviter les piqûres, on peut s’équiper de gants en caoutchouc, et pourquoi pas, emprunter une visière de protection telle que celles employées avec les outils de débroussaillage.
Une loupe permettra de mieux voir les habitants de cette jungle : ils sont parfois minuscules, mais leurs formes et leurs couleurs valent souvent le détour !